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Le pôle de développement de Sakafat

Sakafat, située dans le massif de l’Aïr à 100 km au nord d’Agadez, est une vallée pastorale de 30 km de long sur 15 km de large où vivent des familles touarègues semi-nomades.
La désertification du massif de l’Aïr et l’évolution des modes de vie conduisent progressivement ces familles à se sédentariser.

C’est dans cette région très pauvre et particulièrement enclavée – il faut environ 3 heures de 4x4 sur piste de sable et de cailloux pour y accéder à partir d’Agadez – que l’association Grain de Sable a engagé ses premières actions au Niger à partir de 1996.

C’est un véritable pôle de développement comprenant une école avec une cantine et un dortoir, un centre de santé et un jardin communautaire qui progressivement a été mis en place et autour duquel environ 200 familles, soit environ 3000 personnes se sont sédentarisées. En parallèle, un programme de soutien aux populations a été engagé au travers d’actions comme le microcrédit, l’alphabétisation des adultes ou les conseils aux jardiniers.

L'école primaire

L’école primaire, ouverte en 1996 dans une paillotte, marque le début de l’implication de Grain de Sable au Niger.

C’est aujourd’hui une école primaire publique mixte qui regroupe :

  • 3 classes (du CEP au CM2),
  • 70 à 80 élèves répartis sur les trois classes,
  • Une cantine avec cuisine où sont nourris tous les enfants fréquentant l’école,
  • Un dortoir accueillant les enfants qui ne peuvent pas rentrer chez eux le soir,
  • un magasin pour le stockage des vivres,
  • Des logements individuels pour le directeur de l’école, les enseignants, et l’infirmier,
  • L’école dispose aussi d’équipements sanitaires.

Grain de Sable assume la totalité des frais de fonctionnement de l’école (hormis la rémunération des enseignants qui est assurée par l’Education Nationale du Niger, de même que leur nomination).

Grain de Sable s’appuie sur le CGDES (comité de gestion décentralisée de l’Ecole) structure composée de 7 personnes représentant les parents d’élèves, l’association des mères éducatrices, les enseignants et les élèves. Le but principal de ce comité est de veiller au bon fonctionnement de l’école (la répartition des vivres et des fournitures scolaires ainsi que bien-être des élèves), tout en aidant le personnel enseignant.

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Le jardin d'enfants de brousse

Nous avons constaté que les petits enfants de brousse avaient du mal à s’adapter à l’entrée en primaire pour différentes raisons.

Leur langue maternelle est le tamasheq alors que la langue officielle enseignée à l’école est le français.
De plus, ils vivent en totale liberté dans la brousse, sans aucune notion de discipline de groupe et sans aucune idée de ce que sont une table, une chaise ou un crayon, objets qui vont devenir brutalement leur quotidien.
Il s’agit donc pour eux d’appréhender dans la même année des notions scolaires dans une nouvelle langue et dans un environnement social qui leur est totalement étranger.

Une jeune animatrice, formée au travail de préscolarisation, se rend auprès des familles vivant loin du centre du village. Des groupes de 10 enfants environ, de l’âge de 6/7 ans, sont préscolarisés sur des cycles de 4 mois (2 cycles par an) et c’est l’animatrice qui va s’installer près d’eux.

Aidée par les mères, elle construit un petit hangar en nattes, école nomade dans laquelle les enfants viennent tous les jours s’initier à la lecture, à l’écriture, au calcul, aux couleurs, au chant etc… et tout cela en français.
Ainsi les familles peuvent envoyer leurs enfants apprendre les bases de nouvelles règles de vie, à proximité de leur foyer, sans qu’il y ait de contrainte d’hébergement et de nourriture.

Le bilan est globalement positif : l’animatrice est compétente et bien accueillie par les familles et les connaissances acquises par les enfants sont étonnantes.

Pourtant les petits préscolarisés n’intègrent pas dans leur totalité l’école primaire en raison de son éloignement : il faut reconnaître qu’il est difficile pour les mères de laisser leur enfant toute la semaine au village alors qu’il est si petit.

Notre travail de sensibilisation doit donc s’intensifier auprès des familles.
Le Centre d’Education Parentale mis en place en janvier 2014 travaille dans ce sens en sensibilisant les familles et en développant l’alphabétisation des mères, plus à même d’aider leurs enfants et de les inciter ensuite à aller à l’école !

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Le Centre de Soins Intégrés (CSI)

Pour aider la population de Sakafat, éloignée de tout, et permettre aux enfants d’être scolarisés dans de bonnes conditions, Grain de sable à construit un centre de soins assurant les interventions de première urgence.

Au fil des années, la concentration des populations à Sakafat a conduit à restructurer cette case de santé.
Un partenariat, a alors, été établi entre l’association et l’Etat Nigérien.
Ainsi, les infirmiers qui étaient nommés par l’association pendant les premières années de son fonctionnement, sont désormais nommés, supervisés et payés par le district d’Agadez.

Le centre de soins intégrés appelé CSI assure :

  • Les soins courants et la petite chirurgie,
  • Les consultations pré et post-natales, le planning familial, les accouchements,
  • Les campagnes de vaccinations (polio, tétanos…)

Pour établir ce partenariat avec l’Etat Nigérien, Grain de Sable a dû entreprendre des travaux entre mai et octobre 2009, pour créer:

  • une maternité avec salle de consultations,
  • une salle d’accouchement,
  • une salle de repos,
  • un hangar d’attente,
  • des latrines,
  • des douches séparées pour hommes et femmes.

Le centre est construit en matériaux traditionnels (banco) avec un toit avec charpente métallique et tôle ondulée.
La population a participé à la confection des briques pour le mur d’enceinte.

Grain de Sable a fait don à l’état de cette propriété et l’a équipée de tout ce qui est mobilier : meubles, lits, matelas, bureaux, armoires et chaises, etc.
L’électricité est assurée par un équipement solaire qui alimente l’éclairage, la ventilation, et un frigo. Tout ce matériel a été acheminé par container depuis Bordeaux et un important lot de médicaments est venu compléter l’équipement.

La population est partie prenante de la bonne gestion du CSI. Le bureau (COGES), élu en octobre 2013, est composé de 7 personnes et veille au bon fonctionnement du Centre de Soins.

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Les jardins

Afin de fournir à la cantine scolaire des produits frais de bonne qualité, Grain de Sable a acquis un terrain d’environ 3 hectares pour y installer un jardin. Deux puits cimentés équipés de motopompes ont été creusés et un réseau d’irrigation a été installé.

Au-delà de cette fonction première, ce jardin est maintenant devenu un centre de formation où sont initiés les jardiniers à de nouvelles cultures, à de nouvelles techniques d’irrigation, de production, de séchage, d’enrichissement du sol, de bouturage, etc… par un agent de la Direction Régionale de l’Agriculture (DRA).

A charge de chaque jardinier de développer dans son propre jardin ces nouvelles techniques et ainsi améliorer, à terme, le niveau de vie de toute la vallée.

 

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Le soutien aux populations

Il est très vite apparu que l’augmentation du taux de scolarisation des enfants de la vallée de Sakafat passait par l’élévation du niveau de vie et du niveau culturel des parents, ainsi que par des actions de sensibilisation sur l’intérêt à terme de l’éducation des enfants.

A cet effet, plusieurs actions ont été engagées par Grain de Sable :

Les microcrédits
Grain de Sable a consenti des prêts d’honneur à des particuliers ou des groupes afin de financer des projets de développement. A titre d’exemple :

  • crédit accordé pour le creusement d’un puits communautaire (puits partagés entre plusieurs familles) : dans ce cas, le montant du crédit sera fonction des remboursements possibles car on ne peut endetter à vie les personnes que l’on veut aider à sortir d’une très grande pauvreté. Avec elles, nous sommes convenus d’un remboursement par la vente des oignons et des tomates cultivées à cet effet dans le jardin. Aujourd’hui le village possède 44 motopompes (il y en avait 6 à l’origine), beaucoup de puits ont été creusés et cimentés, les conditions de travail dans les jardins se sont améliorées, les surfaces cultivées et les rendements ont augmenté.
  • Dans le cas d’un crédit pour l’achat d’une machine à coudre, la bénéficiaire doit donner 10% du prix de la machine à sa coopérative pour recevoir sa machine et remboursera à Grain de Sable le solde en 4 échéances. La machine suivante n’est achetée que lorsque le remboursement de la précédente est achevé. Ces équipements on permis le développement d’activité d’artisanat et de couture qui participent à l’amélioration du niveau de vie des familles.
  • Pour le don de chèvres, le principe est très différent car Grain de Sable donne une chèvre par femme à la moitié d’un groupe qui doit, 6 mois après, passer ce don à l’autre moitié du groupe, et ainsi de suite. Les troupeaux grandissent et leur appartiennent en propre.

Le Centre d’Education Parentale (CEP)
Ce programme vise à apporter aux populations de brousse des compétences instrumentales en lecture, écriture et calcul, ainsi que des compétences de vie courante concernant la santé et les responsabilités autour de l’école et, plus généralement, de la vie de la société locale.

C’est un partenariat entre Grain de Sable et l’Inspection de l’alphabétisation et de l’Education non formelle de Tchirozérine.

L’Inspection de l’alphabétisation et de l’Education non formelle de Tchirozérine se charge :

  • de la sensibilisation de la population aux problèmes de vie courante,
  • de la formation du formateur à l’alphabétisation et au suivi des problèmes de vie courante, et du suivi de cette formation sur le terrain.

Grain de sable apporte son financement et assure l’organisation sur place, de la mise en œuvre du CEP, avec soutien aux différents groupes, féminins ou masculins, à l’école, à la santé, au jardin communautaire (devenu centre de formation pour les jardiniers), et plus globalement à la responsabilisation.

Le CEP a commencé la formation de la population en janvier 2014. Quatre supervisions ont été réalisées depuis pour suivre au plus près l’évolution de la population et son niveau de responsabilisation et d’alphabétisation.

Les résultats commencent à être positifs.
Notre attente est grande à ce sujet, la population le sait. Au travers de cette sensibilisation, nous espérons :

  • scolariser un plus grand nombre d’enfants,
  • développer l’alphabétisation des adultes,
  • améliorer la santé de tous par la fréquentation du centre de santé,
  • développer les différentes méthodes de culture agricole,
  • soutenir les coopératives de femmes,
  • améliorer les conditions de vie de tous…

La formation des jardiniers aux nouvelles techniques de jardinage (voir à ce sujet: Le jardin scolaire)

 

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